Florimond METEREAU / Vendu

La sorcière aux menhirs ( La légende de Jean et Jeanne de Belle-Île ? ), 1922
Huile sur toile
130 x 260 cm
Signée et datée en bas à droite, titrée au milieu

Né en 1888 à Luçon (Vendée), Florimond Météreau s’installe à Paris en 1911 pour suivre l’enseignement de Raphaël Collin à l’Ecole des Beaux-Arts. A la suite de Luc-Olivier Merson, le professeur transmet à Météreau le goût de l’Histoire, de la mythologie, et s’inspire aussi des pères de la peinture modernes japonaises tels Kuroda Seiki (1866-1924) ou Okada Saburosuke ( 1869-1939 ).

Ce goût de l’Histoire le mène a une première grande commande en 1923 : il effectue le relevé des frises décoratives exécutés en 1800 dans la chambre consulaire du Château de Malmaison, qui furent endommagées en 1812 lors des réaménagements pour Joséphine Bonaparte. Les peintures de Météreau sont toujours conservées au Château de Malmaison.
Il expose aussi régulièrement au Salon des Artistes Français à partir de 1921, ainsi qu’au Salon des Indépendants.

En 1931, Météreau traverse la Méditerranée et c’est au Maroc que sa carrière prend un véritable tournant : il visite et peint Ouarzazate, Skoura et Taourirt, et plus largement l’Atlas. Cette série lui vaut un accrochage à l’Exposition Coloniale de 1932 où il obtient un médaille d’or, ainsi qu’une exposition personnelle à la Galerie Charpentier, Florimond Météreau : casbahs et types du sud marocain.

Notre tableau est une véritable exception dans l’oeuvre du peintre. Daté de 1922, on y trouve encore l’héritage de son apprentissage à l’Ecole des Beaux-Arts, teinté de mythologie et de symbolisme.
Bien que les étranges personnages peuplant le tableau, ainsi que le site mégalithique, semblent tout droit sortis de l’imagination de Météreau, les deux menhirs anthropomorphes peuvent être rapproché de la légende de Jeanne et Jean à Belle-île : Jean, fils d’un barde, et Jeanne, pauvre bergère, se retrouvaient chaque soir pour s’aimer malgré l’interdiction faite par le Conseil des Druides, désapprouvant cette alliance contraire aux lois des castes. Les druides chargèrent les sorcières de Borgroix de transformer ces deux amants en pierres… Mais certaines nuits de pleine lune, une bonne fée, touchée par le malheur de ces deux jeunes gens, rompt le sort qui les frappe. Ainsi les deux pierres amantes se rejoignent, et l’on dit dans la région qu’ils donnèrent naissance à de nombreux enfants : les alignements de Carnac.