Lucie Renaudot / Vendu

Bureau en merisier, 1928
119x50x75 cm
Edité par P.A. Dumas

« Née à Valenciennes, elle ne sort d’aucune école, n’est passée par aucun atelier lorsque, après la guerre de 1914-1918, elle fait ses débuts de décoratrice à Paris. Ses premières réalisations, deux salons de thé, le « Tippereary » et le « Ca ira », ne comporte que des petites tables et des sièges en bois laqués des plus simples. Mais grâce à des détails décoratifs qui attirent l’oeil, tout en demeurant discret, elle parvient, avec des moyens financiers réduits, à créer une atmosphère séduisante. Elle est alors remarquée par le fabricant de meubles P.A Dumas, qui s‘assure sa collection et éditera désormais toute sa production. Son oeuvre reste toute entier marquée par une sensibilité très féminine et un sens particulièrement développé de la mesure.
Lucie Renaudot accorde d’abord sa préférence aux meubles simples pouvant être exécuté en série. Au Salon d’Automne de 1920, elle se signale par un salon de campagne et une chambre à coucher de jeune fille. En 1921, c’est au tour d’une chambre de jeune fille laquée blanc, que la Maison Dumas rééditera en platane à de nombreux exemplaires. Tout en restant d’une grande sobriété, certains meubles marquent bientôt une tendance vers une conception plus luxueuse. Lors de l’Exposition des Arts Décoratifs de 1925, un studio évoque le style du début du XIXème siècle ; un salon, avec ses formes légères et rigoureuses, ses pieds minces et fuselés, s’inspire du style anglais de la fin du 18e siècle. Des contrastes de tons sont obtenus par la juxtaposition de bois différents, tel l’amboine soulignant l’acajou ; d’autres contrastes proviennent des surfaces planes et des parties cannelés qui les jouxtent fréquemment.
En juin 1927, au concours pour un bureau de dames organisé par l’Union Centrale des Arts Décoratifs, Lucie Renaudot présente un modèle dont les pieds fixés à l’extérieur de la caisse, rappelle ceux des meubles de Ruhlmann.
En 1929, aux Artistes Décorateurs, apparaît, à coté de meubles traditionnels en placage, un fumoir très moderne avec un bureau et un fauteuil à fines armatures de métal. On retrouve en 1931 le style « tapissier » avec un « désordre agréable et si féminin bien qu’un peu théâtral ».
Lucie Renaudot travaille sur le paquebot Normandie en 1935 ( une des dix suites de luxe ). Elle réalise aussi de nombreuses installations à Paris et en province, en particulier en Alsace, « des pièces nettes, gaies, parfaitement adaptée au goût actuel ». En 1937, elle expose au Pavillon des Artistes Décorateurs des ensembles de mobilier. On remarque dans ce dernier un mobilier de Salon et une Salle à manger qui sont édités par Maurice Rinck. Elle dessine également des projets de papiers peints et de tissu. Une rétrospective de son oeuvre a été organisée après sa mort, en 1939, par la Société des Artistes Décorateurs. »